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Une moule muette

Une moule muette
Elle mourut simplement
Elle mourut dignement
Elle ne savait faire autrement


Une moule muette
Une assiette moulée
Aux moulures écorchées
Elle ne pleurait pas.
Elle ne criait pas


Moule muette elle était
Ebouillantée y est restée
Moule muette, molle moule
Etait silence, était clémence
Vécu d’absence, dans la panse
Bien arrosée d’un Roger
Plus graisseux qu’un torché


Moule muette mise au panier
Un gosier de friture Pour calme sépulture.

Un (promotion)

Se laisser perde, sans même une once de regret
N’est-ce pas cela l’unique pauvreté
Dont on ne puisse rougir
Pour tomber en larmes, pour finir sans armes
Pour vivre effacé, pour tuer ce vacarme

La vie est-elle un sourd prétexte
A se crever les yeux
A se mutiler le coeur
A se dérober sous les pleurs


N’y a t-il pas une renaissance dans la confusion
Une sorte d’épuration avant la conclusion
Quelque chose de simple
Simple comme un mot
Un seul mot
Qui nous tient en esclavage

Un mot comme adage
Un mot de sage : Penser

Vibration Automatique

Un oubli dans un mouvement.
Léthargie écrite de sentiments frelatés.
Un essai de début de siècle.
Crise. Plissement effronté.Claque. Effleuré.
Une catégorie en friche. Un trompe l’œil dérivatif.
Contribution cachée.
Personnelle.
Acharnée.


Jeter des lettres automatiques dans un distributeur d’instants.
En impression lointaine, des intimités parcourues de frissons.
Retour à une réflexion audiovisuelle.
Bouffées délirantes sans conséquence pour un équilibre précaire.
Songer.


Une usure amorcée par les écorchures.
A vif, les tissus révèlent leurs textures.
Des cristaux tendres qui scintillent par intermittence.
Des poses en clair.
Absence rassurante. Mélodies synthétiques.
Courtiser l’écart entre les notes.


Compacter les ressentis en une compression temporaire.
Des effets intériorisés et une trajectoire mal définie.
Accordéon d’un soir terrassant les démons intérieurs.
Et enfin la recherche et l’abandon : l’équilibre.
Simple.
Reflet distendu d’une fin d’après-midi.
Arrêt.

Tentative d’érotisme

Un fait divers dans un journal du coin
A peine deux lignes en bas de la page trois
Rien à en tirer, simplement quelques larmes
Qu’elles soient de gaieté ou de pitié
Ca ne change rien, pas plus de place pour les chiens

Une tentative d’érotisme
Une encore, une ou moins
Mais quel égoïsme
Un meurtre et puis rien

Un après-midi d’été
Comme un voleur il est rentré
Il serra fort, si fort
Et lui laissa un baiser d’adieu
Au creux de ses seins

Une tentative d’en finir
Cet amour, il n’en pouvait plus
Mais quel affreux soupir
Quand on pense qu’elle portait la vie

L’harmonie le rendit fou
La joie, l’amour le fit monstre
Mais de désespoir il mourut
Deux semaines plus tard
Noyé, le coeur au poing

Viol

Rendez-la !
Rendez…
Rendez-la moi!

Lâchez…
Lâchez-la !
Lâchez-la !

Vous ne pouvez
Vous ne pouvez
Non…

C’était au détour d’une rue sombre
Qu’ils se terraient dans les ombres
Les salauds ! Ils attendaient le sexe
Comme on jette un vieux Kleenex

Violez, violez, meurtriers
Vous n’êtes que des animaux
Violez, violez, meurtriers
Votre âme mont’ra pas haut

J’ai pas sû leur résisté
Mais elle n’a que trop su crié
Je portais leur honte et j’ai vomis
Je voulais ma mort et pour elle la vie

Mais la faucheuse ne change pas d’avis
Et de l’avoir tué, ils furent tout étonné
Moi j’ai crié à la mort de m’emporter
Mais elle fut sans pitié et depuis je crie

Violez, violez, meurtriers
Si la haine emplit votre esprit
Si le sexe dérègle votre vie
Si l’horreur est votre ami
Si l’amour est votre ennemi

Entendez votre lâcheté, votre vice
Et cette immense douleur
Irremplaçable dans le coeur
Ce cri qui devient presque banal
Par votre faute presque normal

Non!

Sans titre

Regarder les gens
Les tuer par moment
Effacer les vices
Tuer les caprices
Telle est juste l’idée
De mon utopie démembrée

Rumikubi

Lève-toi, furax mais relax
Marche droit, y’a que ça à faire
Lève-toi, calme et relax
Au pays des rois, la vie est à refaire.

RumiKubi, le pays des rois d’la vie

Suis-moi, le chemin te désaxe
Marche droit y’a que ça a faire
Suis-moi, le mauvais sort t’anthrax
Au pays des lois, l’amour est à refaire.

RumiKubi, le pays des rois d’la vie

Force-toi, ta prison est ton thorax
Marche droit y’a que ça a faire
Force-toi, la seule cage ta syntaxe
Au pays du moi, le ça est à refaire.

RumiKubi, le pays des rois d’la vie

Qu’en est-il

Subvenir à un honnête besoin
Qu’en est-il et demain
De mes principes de considération

Une heure si tardive, et au loin
La lueur craintive d’un rien
Qui ne commence, incarnation

Règles

Emouvante satisfaction.
Drôle d’évanouissement.
Liberté dans l’absurdité.
Crise d’engouement.
Vécu d’ineptie.


Libre arbitre de l’éphémère.
Sonorité dangereuse.
Soubassement de l’esprit.
Livrer à la nature.
S’exposer aux fractures.


Multiples explosions.
Décroche de l’oubli.
Encocher la vertu.
Développer une foutaise.
Se servir d’un bélier.


Destiner un sourire.
Emballer la haine.
S’exercer à souffrir.
Parodier les idoles.
Libérer les pulsions.
Enlacer les chairs.


Lanciner les herbes.

La mort est une pute

Répondre à l’impossible
Comme stupide voeu plausible
C’est pendre un irréductible
C’est chose indicible

Etrangère à toute saison
Etrange erre à toute raison

Finir au cimetière
Dévoré
Dévoré
Par ces milliers
De griffes amères
Qui se souviennent
De la vengeance
Volatile et futile
Et qui obnubilent
Mes restes de pensées

Et maintenant
Que vais-je faire
Seul
Seul et encombré de ma chair
Sous l’épaisse couche de terre

Et je sens
Mon âme qui me dis viens
Viens, c’est si beau là-haut
Pourquoi la croire
Traîtresse

Elle tente de m’étouffer de ses bras
De pantin habile
Je ressens son visage
Le visage d’une femme
Cheveux noir et souriant de sexe

La mort n’est qu’une sale pute
Une pute en porte-jarretelles

Présage

Des silhouettes
Que j’attend, qui me guettent
Que j’aspire mais regrette

Des parfums
Qui se jouent de moi
Peu communs
Sur un voile de soie

Des saveurs
M’emplissent et m’entêtent
La bouche
Et épices dorées, très vite s’arrêtent

Des rumeurs
S’amusent que je les écoute
Entonnent en choeur
Un murmure qui m’éprend d’un doute

Un présage
Me dévoile quelque redouté orage
Utopiques apparitions
De mon imagination
Ou présage
D’une nouvelle sensation

Gravital équilibre

L’équilibre, équilibre, mais qui dit libre
L’équilibre, équilibre, et qui vit libre?
Pas moi, sûrement pas

Mental ou physique, métal ou fusibles, fût-il?
Arnaque mental, physique arnaque, que je raque?
Pas moi, sûrement pas moi
Pas moi, sûrement pas, non

Gravital équilibre
Grave vital visible
Etonné, suspicieux, supplicié !

Dangereux, de ce jeu heureux, j’en tire profit
Dangereux, dans ce jeu vaseux, j’en vire bouffi
Pas moi, sûrement pas (sûr tu ne me mens pas)

Vrille à unisson, vrille unique son, vis là n’y sont-ils?
Vrille finissons-en !

Gravital équilibre
Grave vital visible
Le ton l’ais-je, l’eus-je prié, fus-je scié?
A tout net, sous le vice y est, sous les liasses, les billets

Pensée

Les journées se passent, se tassent, s’encrassent
De longs détails qui ne semblent pas si loin
Comme un vague souvenir qui s’étire sans fin

Façon de parler

Pourquoi pas Vladivostok (Vladivostok)
Pour moi, un pas équivoque
Novossibirsk ou ailleurs (Novossibirsk)
Nouveaux si risquèrent précurseurs
Eloigné à Kamtchatka (Kamtchatka)
En lois, nées de mon coma
Qui compte en Liakhov (Liakhov)
Quiconque théosophe

Marteau piqu’heure

Axe transversal des frontières.
Découpé.
Acharnement à ouvrir les paupières.
Décalquer.
Clique à clac.
Un cuistot à la jambe de bois.
Rade à raideurs.
Risotto gingembre.
Pensée à repasser.
Alléger.
Sans matière classe.
Actuelle alitée.
En aspirine prose.
Yuti Yéti dans la ville.
Sociale convenance.
Rend compte dans la rencontre.
Effeuillage.
Distinction, tintement et clochettes.